Ma Provence

Je viens de ce pays où chante le Mistral
La cigale l’été, cachée dans les vergers
Babillant jusqu’au soir à l’ombre de l’olivier
Et même à la nuitée, lorsque le vent se tait,
A la force du soleil qui plombe la garrigue
Quand la chaleur vous cloue derrière les volets.

Je viens de ce pays où chante le Mistral
Ce vent un peu fou qui souffle à l’année
Qui caresse les pins et les champs de lavande
Et répand les parfums au rythme des saisons
En rafales parfois piquant et trépidant
Il fait danser aussi les feuilles des platanes
Claquant sur les persiennes, sifflant son arrivée
S’engouffrant par les seuils des portes des maisons
Quand le froid vous cloue devant la cheminée.

Je viens de ce pays où chante le Mistral
Où l’on boit la verveine à la place du thé
Où poussent dans les collines
Et au bord des chemins caillouteux
Le thym, le romarin et la sarriette
La marjolaine et le pistou,
Et toutes ces autres herbes qui, à nos plats,
Donnent ce goût bien de chez nous.

Je viens de ce pays non loin de la Méditerranée
De la Cité jadis où les Papes ont régné
Celle des artistes et des saltimbanques
Dont les natifs eux-mêmes sont parfois les acteurs
Comme tous ces gens du Sud qui parlent avec les mains
Et qui n’ont jamais tort
Et qui parlent encore la langue de Pagnol
A l’accent plus prononcé à l’heure du Pastis
Mais toujours le soleil dans la voix
Même quand ils parlent fort.

Je viens de ce pays où chante le vent
La cigale et les gens
Et parce que j’y ai ouvert les yeux
Je les y fermerai.
Tout comme le Mistral, nulle part ailleurs
Je ne voudrais déposer mon souffle.
Ce pays d’où, quand on y naît,
L’on y revient toujours parce qu’on n’en part jamais
Celui où mes ancêtres ont forgé leur histoire
Et où désormais, j’écris la mienne.
Comme une mère, tu es la seule et bien celle
Qu’au fond, on ne quitte jamais
Toi que j’aime par-dessus tout,
Ma Provence.