A La Saint-ValentinJe partirai demain
A la Saint-Valentin
Retrouver mon Amour
Raccrocher pour toujours
Les souvenirs rangés
A la mémoire du Temps
Pour le reste des siècles
Ces matins où nos yeux
Fondus et confondus
Dans le regard de l’autre
Ne veulent plus s’ouvrir
Pour le reste du monde
Tant la fusion totale
Et libre de nos âmes
S’est faite malgré nous
En dépit de nos vies
Et de celui des Cieux
Qu’en effet, ici-bas,
Nous n’avons pas choisies
Ces matins immortels
Où le désir charnel
Se meurt au fond d’un lit
Et où tel le silence
Comme une bulle d’ange
S’étire à l’infini
Et comme un dernier souffle
Figé à travers le temps
Et de nos corps transis
Quand << La petite Mort >>
Soudain alors nous prend
De toute sa lumière
Nous laissant ainsi choir
Et pour l’éternité
Comme une étoile filante
Laisserait en poussière
Dans une trainée de vœux
Nos baisers amoureux
Notre Amour suspendu
De nos regards perdus
Qui se reconnaîtront
C’en est sûr et certain
A la première seconde
Avant les quarante-cinq…

Que nous soyons perdues
Aux quatre coins du monde
Du soir ou du matin
Et quelle que soit l’apparence
La couleur ou le sexe
Je te reconnaîtrai
Et tu me reconnaîtras
Lorsque je partirai
En laissant Valentin
Pour rejoindre les Saints
Dans ce zéro virgule
Aux points de suspension
Aux aspects d’infortune
En forme de rébellion…
Saint-Valentin ?
Mais quel est donc ce plaisantin
Ce vilain Cupidon
Qui enchante les cœurs des uns
Pour meurtrir ceux des autres
Et qui se plaît ainsi
Dans la ségrégation ?
Non ! De toute évidence,
Ce n’est pas un apôtre
Rien qu’un gueux
Qui se plaît à tenir la chandelle
De tous les amoureux !

Je partirai un jour
Pour dire à Valentin
De cesser désormais
De frapper à ma porte
Que mes Amours sont mortes
Et que je suis en deuil
De mes cinquante années
J’attends une autre vie
Pour le laisser entrer
Et même s’il a la clé
Un jour il ouvrira
Et je serai partie
Pour un autre Pays
Celui où je sais bien
Qu’il ne me suivra pas
Car il est condamné
Ainsi à faire le pitre
Au mois de février
Pendant que je m’enivre
Devant ma cheminée.

Je partirai demain
A la Saint-Valentin
Et comme en dissidence
De ma vie écorchée
Ce sera dans l’ardeur
Et le sourire aux lèvres
Et non dans la stupeur
Alors n’ayez pas peur
Car en toute éloquence
Je vous dirai ainsi
Je tire ma révérence…

 

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