Au Café des poètes
On y mourra peut-être
Quand s’en seront allés
Nos espoirs retenus
Nos rêves émerveillés
Toujours inexprimés
Auxquels on ne croit plus
Sans même sourciller
Aux regards alanguis
C’est bel et bien ainsi
Que nos sourires fermés
Ne vivront jamais plus
Que nos lèvres clouées
Ne diront jamais plus
Je t’aime à leur insu
Gardant les yeux fermés
Et fuyant pour toujours
Nos baisers attendus
Ainsi que le regret
De nos amours perdus…

Au Café des poètes
On y mourra sans doute
Sans jamais avoir pu
Coucher sur le papier
De nos feuilles froissées
Aussitôt déchirées
L’exorde d’un seul secret
Ou le choix d’un souhait
Entre ces mots rompus
Sortis au dépourvu
Sans jamais avoir pu
Une fois prononcée
L’expression d’un peut-être
Pour y mourir meurtris
Floués par le déni
Tués dans le mépris
Ainsi désenchantés
Car nous y mourrons certes
Mais jamais dans l’oubli
Au Café des poètes…

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