Les Escaliers de PierreDu haut des quelques marches
Des escaliers de pierre
Faisons ces quelques pas
Dévorant le parvis
Et sans nous retourner
Sur nos années volées
Par la fuite du Temps
L’inachevé des choses
Viens donc prendre ma plume
Ou m’arracher ma prose
Me prendre par la main
M’entraîner en courant
Au fond de la maison…
Me jeter sur ce lit
Que nous avions défait
Au fond de nos pensées
Sans jamais faire la chose
Dont les draps sont restés
Bordés aux quatre coins
Jamais défaits au point
Qu’ils ont gardé l’odeur
De toute notre jeunesse
Où seuls nos longs baisers
Remplaçaient nos caresses
Toute notre pudeur
L’interdisant en vain…

Du haut des quelques marches
Des escaliers de pierre
Seuls témoins silencieux
De toutes nos escapades
De nos rires et nos jeux
Nos espoirs et nos rêves
La maison est restée
Fermée à tout jamais
La chambre à double tour
Lieu de ces interdits
Que nous aurions aimés
Pour des rêves à bâtir
Que nous n’avons pas faits
Et pour cause…

Du haut des quelques marches
Des escaliers de pierre
Où nous ne courons plus
Pour battre le pavé
Libres de tous les feux
Comme des amoureux
La maison est restée
Larvée par le silence
Muette à tout jamais
Les murs froids et épais
En haut de la maison
Aux escaliers de pierre
Garderont en leur sein
Le plus beau des secrets.

Photographie prise à Arles en avril 2014 par Willy Carle

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