Sur Le Canapé

Je suis une femme meurtrie, blessée dans l’âge et par les siens.

Ô Rage,
ayant perdu le vif, n’ayant d’âme que son nom, lame usée aux flancs, aux cœurs et autres palabres, muette avant le terme de sa raison.

Fer de lance
de tous nos combats inutiles, force de vie habillant notre corps aiguisant notre esprit, désormais si familière à nos propres ennemis que nulle arme de son essence ne peut ailler en substance le feu de son berceau qui, contre toute attente et dépourvue de zèle, ne donne point l’écho.

Pure Sagesse par sérénité oblige, le poids de la paresse, le choix de la vieillesse à la velléité, la douceur du silence pour garder la jeunesse de mon intégrité, protéger l’innocence de mes utopies incertaines, de mes peurs lointaines mais sans résonance tel l’abîme est grand, comme une mort certaine se fondre dans la candeur du Néant, garder à l’éternel son âme d’enfant…

Ô Rage, toi qui par le premier des cris, m’a donné la Vie, en cage de mon existence,  a brûlé de mille feux aux affres du Temps, pour déserter mon être et fuir mon paraître sans tumulte ni bruit, sur la pointe des pieds, trop tôt, tu t’es enfuis, pour me laisser à l’autre moitié de ma vie, la paix de l’Intérieur, le ton de la froideur, la mort avant l’heure…

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